Compte-rendu de la réunion d'information et de discussion :
« Mobilisons pour la philosophie »
(Samedi 13 juin, Amphithéâtre Durkheim, Sorbonne)
Introduction :
Nicolas Franck, président de la Régionale Paris-Créteil-Versailles de l'APPEP ouvre les travaux en remerciant les collègues présents d'être venus si nombreux. Il rappelle que cette réunion organisée par la Régionale de l'APPEP est une initiative de Pierre Guenancia et de Charles-Yves Zarka. Les professeurs de philosophie de l'enseignement Secondaire et du Supérieur partagent les mêmes inquiétudes : la réforme des concours, la réforme du lycée, la diminution du nombre de postes sont autant de faits et de projets qui menacent l'avenir de notre discipline et qui risquent également d'affecter la nature même de son enseignement. Nicolas Franck remarque que le colloque organisé en mars dernier par le doyen de l'Inspection générale de philosophie, loin de dissiper ces inquiétudes, les a plutôt renforcées. Ce colloque organisé à grands frais et encadré par les forces de l'ordre n'a apporté aucune réponse. Le verrouillage dont il a fait l'objet, l'opacité de sa vocation ainsi que les incertitudes planant sur l'usage qui pourrait en être fait ont laissé perplexe un grand nombre de ses participants. Cette perplexité a été d'autant plus grande que la thèse défendue lors de ce colloque consistait à distinguer clairement ceux qui font de la philosophie de ceux qui l'enseignent, comme si les professeurs du Secondaire étaient en quelque sorte voués à transmettre un savoir positif produit dans l'enceinte de l'institution universitaire. Si l'enseignement de la philosophie est autre chose que la transmission d'un savoir constitué, s'il est en-lui même une pratique philosophique, quel sens y a-t-il à affirmer une telle division ? Nicolas Franck conclut son intervention en insistant sur l'urgence qu'il y a pour les professeurs de philosophie de s'emparer des questions qui intéressent l'avenir de l'enseignement de la philosophie et de défendre les principes rappelés dans le programme en vigueur.
La parole est ensuite donnée à Pierre Guenancia qui se réjouit de la présence massive des participants, présence qui est d'autant plus significative que cette réunion a été organisée dans l'urgence et avec peu de moyens. Le succès de cette mobilisation est encourageant : elle exprime le profond attachement de la communauté des professeurs de philosophie à l'enseignement de cette discipline et la volonté commune d'en défendre l'esprit. Pierre Guenancia souligne que cette mobilisation, loin de manifester une quelconque crispation, doit être au contraire l'occasion d'énoncer des propositions pour l'avenir de notre enseignement. Quoi qu'il en soit des réformes qui se préparent, nous devons, dit-il, être intraitables sur un point : l'enseignement de la philosophie ne saurait être confondu avec celui d'une culture philosophique. Enseigner la philosophie, ce n'est pas apprendre aux élèves ou aux étudiants des doctrines philosophiques. Enseigner la philosophie signifie dépasser les évidences, construire des problèmes en s'appuyant sur des textes philosophiques. Pierre Guenancia plaide ainsi en faveur de la spécificité de cet enseignement. La philosophie n'est pas un savoir comme les autres, elle n'est pas un savoir mais une pratique de l'interrogation. On ne saurait par conséquent élargir l'enseignement de la philosophie pour y inclure ce qui ne relève pas de la philosophie. Pierre Guenancia appelle la communauté philosophique à se réunir autour de deux principes simples et clairs : d'une part, l'absence de différence entre l'enseignement Secondaire et l'enseignement Supérieur, au sens où ces deux enseignements procèdent d'un même concept de philosophie ; d'autre part, la nécessaire articulation de l'enseignement philosophique et de la formation continue qui découlent tous deux de la définition de l'enseignement comme pratique.
Il revient enfin à Yves Charles Zarka d'accueillir les participants. Il commence par souligner que la Sorbonne n'est pas du côté des forces de l'ordre et que nul ne saurait prétendre en avoir le monopole. Il réaffirme le refus exprimé par les professeurs de philosophie de toute mainmise sur un enseignement qui ne peut se pratiquer sans liberté. Il convient, dit-il, de réfléchir à l'enseignement de la philosophie et à son contenu aujourd'hui, en ses multiples lieux, de ne pas transformer l'enseignement de la philosophie en un enseignement de l'histoire de la philosophie, et de proposer et d’illustrer plutôt que de défendre. L’idée d’une défense de la philosophie est une idée réactive, frileuse, elle est en définitive le signe d’une défaite de la philosophie. Les professeurs de philosophie doivent réfléchir ensemble sur la philosophie et son enseignement, dans un contexte qui a changé. Yves Charles Zarka insiste sur le fait qu’il faut se garder de donner une image sectaire de la philosophie comme discipline close sur elle-même. La philosophie vivante doit être ouverte sur les autres savoirs, sur les sciences humaines et sociales, mais aussi sur les sciences du vivant ou celles de la terre. Elle doit être ouvertes au nouvelles problématiques touchant la société, la politique, l’environnement. Elle doit élaborer les nouvelle catégories dans lesquelles nous devons penser une nature qui ne se maintient plus identique à elle-même, mais qui peut se dégrader et se dégrade en effet, les nouveaux types de conflits qui traversent le monde, les nouvelles menaces et la gestation d’un monde en train de se former sous nos yeux. La philosophie ne doit pas apparaître comme frileuse, limitée à l’interprétation infinie des mêmes textes et à la répétition des mêmes questions. Il va de soi que les textes classiques sont importants, il va de soi qu’ils sont indispensables pour la formation de la pensée, mais ils ne sauraient se substituer au retour au réel naturel, social et politique. Ils doivent au contraire aider à y accéder. Si l’on veut faire de la philosophie comme en faisaient Platon et Aristote, il ne faut pas en rester à Platon et Aristote, il faut penser notre propre temps. D’ailleurs, il y a aujourd’hui un besoin considérable de philosophie, il ne s’agit évidemment pas de la philosophie qui se vend dans des magazines insipides qui porte ce nom, il ne s’agit pas non plus de ces philosophes autoproclamés, ou consacrés tels par les média, il s’agit cette philosophie qui se donne pour tâche de penser les lieux où les catégories traditionnelles vacillent, où les savoirs deviennent incertains, où le réel semble se dérober sous nos pieds. Telles sont pour Yves Charles Zarka les tâches d’avenir pour la philosophie.
Première table ronde :
Situation de l’enseignement de la philosophie
- Philippe Danino, professeur au Lycée Buffon, Paris, présente un rapport sur le rapport de l’IGEN État de l’enseignement de la philosophie, 2007-2008
- Jean-Marie Frey, professeur en CPGE à Angers, président de la Société des Professeurs de Philosophie, Le programme de philosophie en classes terminales
- Marie Perret, professeur au Lycée Richelieu, Rueil-Malmaison, propose une analyse comparée des rapports Descoings et Apparu
- Joël Jung, IA-IPR, sur le programmes de philosophie en vigueur
Discussion générale :
− Sont évoqués la question de la dualité entre les classes préparatoires et l'Université ainsi que le risque d'une dérive de notre enseignement vers celui d’une culture générale
− Un professeur de Clermont-Ferrand s'inquiète de la chute des effectifs en Terminale littéraire et insiste sur la dimension problématisante de notre enseignement. Elle exprime sa crainte de voir notre enseignement fragmenté et rendu ainsi inopérant.
− Michèle Lepeuve (lycée Racine, Paris) pose la question de savoir quelle stratégie adopter, pour quelle mobilisation. Elle évoque également le problème du recrutement des professeurs et du nombre décroissant de postes mis aux concours, problème qui n’est pas sans lien avec celui de la fragmentation possible des horaires en Terminale. Les professeurs de philosophie ont obtenu de haute lutte un programme de notions, qui est le programme actuel. La question est de savoir si on pourrait continuer à mettre en oeuvre ce programme si une réforme venait à modifier les horaires. Ne faudrait-il pas alors demander des garanties institutionnelles touchant l’avenir de notre enseignement – comme, par exemple, le maintien du programme actuel
− Pierre Hayat (Lycée Jules Ferry, Paris) a le sentiment, dans le contexte actuel, d’une double difficulté. D’une part, une difficulté générale, touchant les postes, etc. D’autre part, une difficulté philosophique, sur la manière dont les professeurs de philosophie ont été traités lors du « colloque Poirier » : ils étaient convoqués pour parler de formation continue, or il n'en a jamais été question. Il lui semble par ailleurs que le doyen de l’Inspection Générale, en invoquant dans son rapport les valeurs du monde moderne, désire simplement en revenir au programme Renaut.
- Benoit Schneckenburger (lycée Turgot, Paris) pose la question de savoir comment faire encore passer l’idée de l’utilité (donc, aussi, de la place) de la philosophie.
−Miguel Karm (Lycée Hoche, Versailles) pense qu’il faut au moins demander que soient maintenus les horaires actuels, et proposer qu’un enseignement philosophique soit étendu en classes de Première.
- Jean-Marie Frey répond qu'il faut d’abord s’entendre sur la nature de notre enseignement. Comment concevoir une progressivité sur deux ans ? Faut-il envisager de "couper" les programmes en deux ? Mais comment est-ce possible, si ces programmes sont constitués par des champs de problèmes devant être mis en relation ?"
- Pierre Windecker (honoraire Académie de Créteil) pense qu’il faudrait absolument éviter, dans nos débats, de parler de questions institutionnelles. Cette intervention semble provoquer une réaction de désaccord de la part de l’assemblée, et Yves Charles Zarka de rétorquer que si nous voulons oublier l’institution, cette dernière, elle, ne nous oublie pas !
- Un intervenant Assistant Moniteur Normalien pose la question de savoir quelle est la position qu'il faut prendre par rapport à un courant philosophique contemporain, la philosophie analytique, qui est de plus en plus hégémonique à l'Université et qui tend à réduire la philosophie à des savoirs positifs.
Deuxième table ronde : La formation continue
Jean-Luc Nativelle, Lycée Jules-Verne, Nantes, sur la formation continue à Nantes et les leçons qu’on peut en tirer.
Hadi Rizk, professeur de Première supérieure, Lycée Louis-le-Grand, Paris, montre que la formation continue – dont il faut déplorer le resserrement croissant des moyens – enveloppe l’idée d’une profonde unité (et continuité) de l’enseignement philosophique. Il n’y a pas de « cases ». Des professeurs s’adressent à des professeurs, et si les professeurs de philosophie suivent une formation continue, c’est bien parce qu’ils sont philosophes. Il insiste sur l'importance de la formation continue, car sans un travail vivant de philosophe, un professeur de philosophie devient un mauvais professeur de philosophie. Il est important que, dans la formation continue, il soit question de philosophie : il ne s'agit pas de munir les professeurs de documents ou, selon une expression en vogue, de « recharger un logiciel », mais à inviter chaque professeur à subjectiver des problèmes en se confrontant à des auteurs. Hadi Rizk déplore, par ailleurs, les vexations que subissent les professeurs désireux de suivre une telle formation de la part de l'administration, qui considère la formation continue comme un luxe superflu. Il insiste tout particulièrement sur l'importance, dans la formation continue, de la préparation à l'agrégation interne de philosophie : il devient de plus en plus difficile, même dans des académies où des formations sont en place depuis longtemps, de maintenir les moyens existants (baisse du volume d'heures, réduction du montant des rémunérations versées aux intervenants...).
Discussion générale :
− Il faut se battre pour accroître l’offre de formation.
− La formation continue est le lieu d’un lien entre Secondaire et Supérieur : elle permet de concrétiser l’idée d’un corps des enseignants de philosophie
− On dit qu'il n'y a plus d'argent pour la formation continue. Mais force est de constater que les stages organisés par l'Institution sont de moins en moins disciplinaires. La part du disciplinaire dans la formation continue se réduit désormais à la portion congrue.
− Trois dangers sont à pointer : 1. La généralisation des TICE. 2. Le fort pourcentage d’avis défavorables des chefs d’établissement : étant donné les justification parfois loufoques avancées (oralement), il faudrait réclamer qu’ils justifient dûment leur désaccord. Philippe Touchet (Académie de Versailles) nous informe que dans son Académie, 19 % des 135 professeurs inscrits à la formation continue ont essuyé un refus de la part de leur chef d'établissement, sans en être informé. Ces professeurs n'ont découvert ce refus que le jour où ils se sont rendus au premier stage de formation. Par ailleurs, il arrive souvent que les chefs d'établissement invoquent toutes sortes de raisons fallacieuses (par exemple, le fait d'être en charge d'une Terminale littéraire) pour légitimer leur refus. 3. Philippe Touchet, précise qu'il existe, depuis deux ans, une loi sur la formation continue (qui n'a pas encore donné lieu à des décrets d'application) : la loi sur « le droit individuel à la formation », idée d’un « capital » horaire accumulable par horaire et par an. Il faut absolument réclamer un droit collectif, et non comptabilisable.
Troisième table ronde :
L'articulation entre le Secondaire et le Supérieur
Thierry Gontier, professeur à l’Université Lyon 3, rappelle que le terme « mastérisation » désigne deux choses bien différentes : 1 / l’exigence d’un niveau de master (bac + 5) pour l’obtention des concours d’enseignement ; 2 / l’intégration de la préparation aux concours à la maquette des masters (à titre d’option). En ces deux sens, la « masterisation » semble souhaitable, à la fois parce qu’elle crée un cadre reconnu institutionnellement à une formation extrêmement exigeante et parce qu’elle « libère » les masters « recherche » qui actuellement abritent, de façon officieuse, cette préparation, pour les rendre à leur vraie fonction, qui est de préparer à la recherche.
Encore faut-il mener cette « masterisation » sérieusement et avec les moyens adéquats. Il est regrettable que le projet ministériel ait été l’occasion d’un retour d’une idéologie pédagogiste et anti-disciplinaire : en ce sens, l'épreuve de « connaissance du système éducatif » à l'oral du CAPES, simple contrôle de connaissance qui a parfaitement sa place dans un examen intégré aux épreuves pratiques, ne remplit pas sa fonction en tant qu’épreuve de concours dotée d’un gros coefficient, destinée à la sélection d’une petite élite – elle devrait être purement et simplement retirée, quitte à ce que la « troisième épreuve » (sur dossier) soit réaménagée et soit dotée d’un coefficient plus élevé. Par ailleurs, il est regrettable que cette réforme, logique du point de vue pédagogique, ait été parasitée par une réforme budgétaire, même si elle ne s’est jamais avouée telle. Les exigences du concours, particulièrement en philosophie (26 postes seulement), exigent une préparation dotée d’un volume horaire élevé. Le master « concours » ne saurait à ce titre être un master « recherche », doté de 160 heures annuelles (soit moins de 7 heures par semaine sur 24 semaines) : il doit avoir au minimum les supports horaires équivalents à ceux d’un master professionnalisant (340 heures). Il va de soi que ces heures ne sauraient être prises sur les masters recherche déjà existants, déjà exsangues depuis la mise en place des normes « Bayrou ». De même, il est absurde de supprimer les stages de formation des enseignants titulaires : il convient de ramener les stages accomplis lors du master 2 à des proportions plus raisonnables (20 heures par exemple, dont 10 en observation et 10 en situation, pour tester la vocation du candidat – au lieu des 108 heures actuelles) et de conserver des stages de formation sérieux pour ceux qui ont réussi les épreuves théoriques du concours.
Reste le problème des « reçus-collés », constituant un vivier d’enseignants contractuels et contribuant ainsi à la précarisation des métiers de l’enseignement. Thierry Gontier pense cependant que la réforme des concours n’en est pas directement responsable, même si elle lui confère une sorte de légitimité nouvelle : l’Éducation Nationale fait déjà largement appel à des contractuels, avec un simple niveau de licence. La pièce maîtresse de ce dispositif reste en réalité la réforme des lycée, qui risque de transformer la philosophie en simple option à la carte, que l’étudiant pourra prendre sur un semestre. Il conviendra d’être particulièrement attentifs à cette réforme des lycée. Mais, pour la réforme des concours, les trois points qui devraient être défendus restent : 1 / la suppression de l’épreuve kafkaïenne de « connaissance du système éducatif » ; 2 / la dotation d’un support horaire adéquat aux exigences du concours ; 3 / le rétablissement des stages de formation dans l’année de pré-titularisation.
Frédéric Dupin, TZR 93, Lycée Suger, Saint-Denis, sur l’articulation entre le secondaire et le supérieur
Discussion générale :
- Hélène Bouchilloux, Nancy 2, souligne que le problème n'est pas tant la mastérisation que la réforme du concours du CAPES.
- Philippe Touchet remarque que les néo-entrants sont systématiquement nommés sur des postes précaires, ce qui peut affecter la perception qu'ils ont du métier. Il souligne par ailleurs que les professeurs de philosophie ont toujours résisté aux réformes qui ont pu être mises en oeuvre. C'est cette résistance qui a construit l'unité complexe de notre communauté, unité que les divergences sur des questions plus secondaires ne doivent pas masquer. La défense de l'enseignement de la philosophie au lycée constitue la pierre angulaire de la défense de la philosophie en général. En cela, le sort des universitaires est lié au nôtre, et réciproquement. Il déplore enfin le fait qu'au nom d'économies budgétaires, on se propose de supprimer la formation disciplinaire dispensée dans les IUFM. Cette année de formation est pourtant nécessaire, en ce qu'elle permet aux stagiaires de convertir leur regard et de revenir sur leur propre formation universitaire. Non qu'il s'agisse de maintenir les IUFM en l'état. Mais il ne faut pas réduire, comme on le fait souvent, les IUFM à la formation générale qui y est dispensée, formation qui a souvent été critiquée.
- Frédéric Dupin souligne la nécessité de conduire une réflexion sur ce que c'est que l'enseignement général et sur ce qui le distingue d'un enseignement de spécialité. Il regrette que les conditions d'enseignement que connaissent parfois les jeunes professeurs de philosophie en dégoûtent certains d'enseigner au lycée.
- Catherine Kintzler, Lille 3, montre que depuis plus de trente ans, l'école est sommée de s'inféoder à la société. Cette injonction a produit des effets catastrophiques : paupérisation des professeurs, dénaturation de l'enseignement de la philosophie, émiettement des services, déni de l'intellectualité. Il ne faut pas avoir peur, ajoute-t-elle, de se battre pour l'amélioration des conditions matérielles : s'il n'y a pas de liberté sans liberté du corps, alors nous devons considérer que les combats matériels sont des combats de pensée. Même si elle a pu assister, par le passé, à de nombreuses journées consacrées à ce thème, cette réunion a ceci d'exemplaire qu'elle est isomorphe à la philosophie : la discussion a permis de faire apparaître des divisions qui n'étaient pas politiques, mais réellement critiques.
Yves Charles Zarka clôt cette table ronde en soulignant le fait que le rapport entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur est absolument capital. D’abord parce que c’est en terminale que les élèves choisissent le cursus universitaire qu’ils vont suivre. Ensuite, parce que l’accès à l’enseignement supérieur doit être rouvert pour les enseignants du secondaire qui ont fait une thèse. Il ne doit pas être l’apanage d’une petite caste qui se l’approprie et qui conçoit l’enseignement secondaire comme une déchéance. Enfin parce que l’enseignement supérieur est le mieux à même de fournir le cadre d’une formation continue solide aux enseignants du secondaire.
Conclusion :
Pierre Guenancia ferme la séance en remerciant l'assemblée et en soulignant le fait que cette réunion atteste d'une force philosophique. Il se réjouit d'avoir pu constater un réel accord sur les principes. Les professeurs de philosophie partagent l'idée que la philosophie est une pratique libre, critique, qui n'a pas pour vocation unique ni même principale la « transmission de contenus ». Il achève son propos en disant qu'il n'est pas temps de conclure : cette réunion n'est qu'une étape préparatoire, en vue d'un grand colloque sur l'enseignement de la philosophie qui aura lieu en automne.
