Communiqué sur la publication des actes du colloque de mars 2009
La Régionale de l'APPEP Paris-Créteil-Versailles tient à exprimer son inquiétude : à ce jour, les actes du colloque qui s'est tenu les 24 et 25 mars à l'initiative du Doyen de l'Inspection Générale de philosophie n'ont toujours pas été publiés, alors que les organisateurs de cet événement s'étaient engagés à le faire dans les plus brefs délais.
Nous tenons à exprimer nos craintes quant à l'usage qui pourrait être fait de ce colloque qui n'a pas traité de ce qui constituait son objet initial : la formation continue.
La régionale de Paris-Créteil-Versailles, ainsi que les instances nationales de l'APPEP, s'étaient déjà émues en mars dernier de l'opacité qui a présidé à l'organisation de ce colloque.
Nous demandons que les actes en soient publiés le plus rapidement possible afin que les professeurs de philosophie puissent être informés des propos qui ont été tenus lors de ces deux journées et formuler d'éventuelles critiques.
Paris, 6 juin 2009
Communiqué sur la masterisation des concours
Certains points lui semblent particulièrement préoccupants :
1- Le choix impossible entre master professionnel et master recherche auquel seront confrontés les étudiants, qui conduira à une raréfaction des seconds.
2- L’apparition d’une nouvelle épreuve orale : un entretien avec le jury. Cette épreuve qui n’aura aucun contenu disciplinaire, soumettra les candidats aux modes pédagogiques du moment.
3- La présence de « représentants de la société civile », qui ne sont en rien qualifiés pour présider au recrutement de professeurs.
4- L’infléchissement d’une des épreuves orales « dans le sens de l’épreuve orale prenant la forme d’un exercice pédagogique proposée pour les nouveaux concours de recrutement des professeurs » risque de l’appauvrir de sa substance philosophique.
5- La disparition de l’année de stage pratique, ce qui signifie pour nos jeunes collègues une entrée difficile et quelquefois brutale dans le métier, sans la familiarisation et la réflexion que requiert une véritable formation. Les conditions d’enseignement, plus difficiles aujourd’hui qu’hier, exigeraient pourtant que l’année de stage et la formation en alternance qu’elle permet soit prolongée au lieu d’être supprimée.
6- Plus généralement, l’existence de qualifiés, titulaires d’un master d’enseignement, non recrutés parce qu’ils auront échoué au concours. Ils formeront de fait un nouveau corps informel dans l’éducation nationale, taillable et corvéable à merci.
7- La baisse du nombre de postes n’a pas de raison de cesser et prend ici tout son sens : un accroissement proportionnel du nombre de vacataires.
Au total, les professeurs fragilisés et moins bien formés à leur métier perdront de leur autorité et de leur légitimité. Les élèves seront les victimes de cette perte.
Elle demande donc le retrait du projet de réforme dit de « masterisation des concours de recrutement des enseignants ».
Elle réaffirme son attachement au caractère national et disciplinaire des concours de recrutement et à l’intégration des lauréats dans les corps de fonctionnaires d'État.
Elle appelle les jurys de l’agrégation et du capes de philosophie à prendre publiquement position sur les actuels projets de réforme.
Pour le bureau de la régionale, son président,
Nicolas Franck
nicolas.franck@appep-idf.net
Communiqué sur le colloque des 24 et 25 mars 2009
Communiqué de l’APPEP de Paris-Créteil-Versailles sur le colloque « Enseigner la philosophie, Faire de la philosophie », 24-25 mars 2009 à Paris.
Formation continue des professeurs de philosophie : une occasion manquée
Un colloque s’est tenu à Paris les 24 et 25 mars 2009 au Grand amphithéâtre de la Sorbonne sur le thème « Enseigner la philosophie, Faire de la philosophie ».
L’APPEP, en septembre 2008, s’était retirée de son comité de pilotage. Notre association ne voulait pas apporter sa caution aux réformes en cours, dans le cadre desquelles cette « formation de formateurs » s’inscrivait. Elle regrettait d’autre part l’organisation partisane et le climat dégradé qui présidait à la préparation de cette manifestation censée pourtant rassembler la communauté philosophique.
Ces dissensions n’ont pas disparu et ces deux journées, qui se sont déroulées dans un contexte de contestation générale de la politique du ministère, n’ont convaincu personne. Le président du GEPS auteur de l’actuel programme n’a même pas été invité à participer aux travaux prévus et la grande majorité de nos 4500 collègues ignore l’existence d’un colloque qui se donnait pour objectif d’« attester la vitalité de l’enseignement de la philosophie ».
Ce défaut d’information est à rapprocher de l’incapacité de M. Poirier à justifier du choix des 400 professeurs convoqués au Grand amphithéâtre de la Sorbonne. Les collègues convoqués seraient formateurs. Or, a dit M. Poirier, tous les professeurs sont par nature « formateurs et en formation » ; tous avaient donc vocation à pouvoir participer à ce colloque. Cette universalité proclamée contraste douloureusement avec le filtrage rigoureux des participants à l’entrée, écartant des professeurs de philosophie, pourtant munis de leur carte professionnelle.
Cette impression, éprouvée par de nombreux collègues, d’un colloque prestigieux mais confidentiel, réservé à quelques professeurs bien vus de la hiérarchie, mais trop peu nombreux pour remplir le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, a été renforcée par les circonstances puisque les participants n’y ont accédé que sous la protection de CRS en face de manifestants tenus à distance. La première journée s’est terminée comme elle avait commencé, sous la protection des CRS, les participants étant exfiltrés de la Sorbonne par une voie détournée, dans une rue Saint-Jacques barrée par la force publique.
Le 24 mars était en effet une journée de mobilisation nationale des universitaires dont le mouvement, auquel la régionale de l’APPEP a eu l’occasion d’apporter son soutien, dure depuis plusieurs semaines.
Mais les organisateurs du colloque ont voulu que les réformes projetées et le contexte de contestation soient ignorés, alors que l’avenir du lycée, de l’université, de la philosophie et du statut des enseignants en sont l’enjeu. Pari gagné (mais à quel prix ?) puisqu’un seul intervenant, l’après-midi du second jour, a évoqué les dures réalités de ce qui se passait hors des murs de ce colloque protégé.
Ainsi placé en dehors des enjeux et des conflits présents, ce colloque aurait pu se distinguer par sa cohérence, la lisibilité de son projet et par sa fécondité.
Malheureusement, l’impression d’une grande dispersion s’est imposée. La table ronde du mardi après-midi « Concept, texte, argument » s’est avérée peu éclairante en elle-même, et sans aucun rapport avec la table ronde du mercredi après-midi « En dehors des classes, la philosophie dans les livres » (dont on aurait pu faire l’économie).
Les cinq communications du mardi ont laissé souvent perplexes par leur contenu mais surtout par leur finalité. Présentées comme des conférences directement liées aux programmes des classes terminales, leur statut a paru en général hybride : à la fois totalisantes et fortement marquées par une thèse.
L’articulation entre ces leçons d’universitaires connus et les onze « ateliers » du mercredi matin a posé également question. Dans certains « ateliers », les conférences de la veille ont été totalement ignorées. Ainsi, lors de l’atelier « Philosophie et histoire de la philosophie » tous les collègues présents à l’exception d’un seul (qui regretta que l’impératif catégorique ne fût pas au programme..) ont dit leur attachement au programme de notions. Par contre, il nous a été rapporté que dans les ateliers consacrés à «La conscience » et à « La démonstration », les collègues étaient fortement incités à répéter dans leurs cours (et sans doute aussi dans les stages de formation !) les thèses soutenues la veille par le conférencier sur cette même question.
Cette confusion aurait pu être dissipée par la présentation de comptes rendus synthétiques des travaux des onze ateliers en lieu et place de l’inutile table ronde « En dehors des classes, la philosophie dans les livres ». L’absence de ce bilan a accentué le sentiment d’un colloque éclaté, que les simples participants ne pouvaient s’approprier.
L’éloge appuyé de deux doyens de l’inspection générale, lors de la séance de clôture, aux programmes des classes terminales, au style de notre enseignement et aux professeurs de philosophie, est toujours bon à prendre. Mais il a laissé perplexe dans la mesure où un silence pesant a été imposé sur les réformes en cours qui pourtant mettent en cause la possibilité même de continuer à exercer notre métier.
Ce colloque avait pour « thématique » (selon les termes de la brochure) « Formation continue des enseignants ». Cette question nous paraît essentielle. Mais on ne voit pas en quoi son thème « Enseigner la philosophie, Faire de la philosophie » aurait dû être réservé aux seuls formateurs. De même, rien dans les conférences du premier jour ne permettait de comprendre pourquoi et en quoi elles s’adressaient tout particulièrement à des formateurs et non pas simplement à des professeurs. Au total, rien, durant ces deux journées, ne nous a semblé pouvoir aider au renforcement, pourtant indispensable, de la formation continue des professeurs de philosophie. Une occasion précieuse a été manquée.
On retiendra donc de ce colloque quatre choses : son opacité, son inutilité, son coût probablement élevé et sa symbolique de division : 280 professeurs formateurs réunis au Grand amphithéâtre de la Sorbonne sous protection policière, pendant que certains de leurs collègues manifestaient pour tenter de sauver l’enseignement des Humanités et que la plupart des autres en ignoraient l’existence.
La régionale de Paris-Créteil-Versailles de l’APPEP décide de consulter ses adhérents et l’ensemble des professeurs de philosophie franciliens, en vue de faire apparaître avec précision les besoins en matière de formation continue, à partir des réalités du lycée d’aujourd’hui, des difficultés de notre métier, notamment dans les établissements reconnus comme « difficiles », et des « réformes » projetées, que le colloque a ignorées. Elle fera ensuite connaître ses propositions.
Communiqué sur le bac 2009
Paris, 14 mars 2009
Communiqué sur le baccalauréat 2009
La régionale de l’APPEP, inquiète cette année encore des conditions de correction du baccalauréat, a rencontré le vendredi 13 mars MM. Kesler, directeur du SIEC, et Dujardin-Riquier, chef de la division de l’enseignement général et technologique.
Les membres de la régionale ont été sensibles à leur disponibilité et aux efforts entrepris par le SIEC pour que le baccalauréat se déroule dans les meilleurs conditions possibles.
Malheureusement, la « politique de reconquête du mois de juin » rend désormais impossible autre chose que des aménagements marginaux du calendrier. Avec beaucoup d’autres et à de très nombreuses reprises, la régionale de l'APPEP a interpellé le Ministère sur ce dispositif. Elle n’a reçu aucune réponse.
Les professeurs de philosophie assistent consternés, année après année, à la dégradation des conditions de correction de l’épreuve de philosophie du baccalauréat et à l’alourdissement de leurs obligations, jusqu’à l’imposition cette année d’une tâche administrative supplémentaire.
C'est pourquoi la régionale demande le réexamen de cette politique de reconquête du mois de juin et, soucieuse d’une évaluation équitable et sereine du travail des élèves, continuera de se battre pour obtenir des délais de correction raisonnables.
Motion sur le projet de masterisation des concours
L’assemblée générale de la Régionale de l’APPEP de Paris-Créteil-Versailles, réunie à la Sorbonne le 7 février 2009, réaffirme son attachement au caractère national des concours et à leur contenu disciplinaire. En conséquence, elle exprime sa solidarité avec les UFR de philosophie qui ont refusé de faire remonter les maquettes de Master et avec eux, refuse le projet de mastérisation des concours et la remise en cause du statut d’enseignant-chercheur. L’assemblée générale demande donc le retrait des deux projets.
Pétition sur les délais de correction du baccalauréat
Lettre ouverte adressée à Monsieur Xavier Darcos Ministre de l’éducation nationale
Paris, le 30 septembre 2008
Monsieur le Ministre,
Professeurs de philosophie, syndiqués ou non, nous avons protesté en juin dernier, avec nos collègues des académies d’Amiens, Lille, Nice, Rouen, Strasbourg, Paris, Créteil et Versailles, contre la réduction du temps de correction des copies du baccalauréat, qui l’année dernière a remis en cause une évaluation sereine du travail de nos élèves ainsi que l'égalité de traitement des candidats.
Certains d'entre nous ont été contraints de rendre leurs copies avec 24 heures de retard, obligeant les fonctionnaires des rectorats à un travail précipité, ce que nous déplorons.
Pour que l'institution garantisse des conditions convenables de correction des épreuves du baccalauréat, couronnement des études secondaires et premier grade universitaire, nous vous demandons :
1. Une avancée du calendrier des dates d'examen du baccalauréat.
2. Un retour à une épreuve anticipée de philosophie d'au moins 72 heures.
3- La définition pour chaque série d'un nombre maximum de copies par correcteur.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.
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